
La sécurité sur un chantier est-elle compromise si tous les ouvriers n'y parlent pas français ?
Vincent You, un conseiller communal de droite, a eu cette idée il y a un an lorsqu'il a visité un chantier où personne ne parlait français. Cette confusion linguistique a donné au conseiller l'idée d'introduire la « clause Molière ».
Selon You, il n'y a « rien de plus dangereux qu'un chantier où personne ne se comprend et où les ouvriers ne peuvent pas lire les consignes de sécurité ».
La vraie raison ?
Mais ce n'était pas la seule raison pour laquelle le politicien voulait introduire la clause. Il voulait en effet donner un coup de pouce à l'emploi local.
« Il est tout de même normal qu'avec l'argent public, on aide en premier lieu la population locale à trouver un emploi », a fait savoir Vincent You. Autrement dit, il tentait de contourner la directive européenne sur le détachement. Cette directive permet aux entreprises d'engager temporairement des travailleurs d'autres États membres européens. C'est ainsi qu'en France, 340.000 citoyens de l'UE travaillent via cette directive. Ces derniers mois, la « clause Molière » est entrée en vigueur dans les régions, départements et villes de France où la droite est au pouvoir. C'est aussi devenu un thème déterminant dans la course à la présidence.
Tout le monde n'est pas satisfait
Tout le monde n'est pas partisan de la clause. Le Premier ministre de gauche Bernard Cazeneuve a vivement critiqué les politiciens de droite. Selon Cazeneuve, il s'agit d'« une mesure discriminatoire qui ne sert que des fins électorales ».
L'entourage du candidat indépendant Emmanuel Macron était lui aussi mécontent de la mesure.
« C'est scandaleux. Près de 200.000 travailleurs français travaillent aussi à l'étranger. Devront-ils apprendre le polonais s'ils vont y travailler temporairement ? », a-t-on ironisé.
France, 16/03/2017
Source : De Tijd
